Archives pour la catégorie TAILLE ET SOIN DES ARBRES

Manguier (Mangifera indica) : colonisé par un Ficus étrangleur, Apatou.

Ce Manguier séculaire, aimé de tous dans  le village, était colonisé par un Ficus étrangleur (partie vert plus clair jusqu’aux 2/3 de l’arbre). Si on le laisse se développer, ce type de Ficus finit par tuer son hôte et s’installer à la place…

Le travail a donc consisté à enlever soigneusement le Ficus, afin de permettre au Manguier de développer de nouvelles branches avec des feuilles là où il y avait le Ficus, et ainsi rétablir peu à peu un houppier homogène.

Bien entendu, une taille d’entretien et de sécurisation a été pratiquée : bois morts, branches basses, lignes et toitures.

Même si le Manguier paraît « déséquilibré » après le travail, en réalité il ne l’est pas. Sa forme naturelle a été conservée, il n’a pas été amputé de ses charpentières, il peut continuer à trôner fièrement au centre du village :

Avant

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Après

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La croissance de l’Arbre

La croissance de l’arbre se réalise sur deux plans :

1) Allongement des extrémités au niveau des bourgeons axiaux et terminaux :schéma croissance primaire

2) Croissance en épaisseur des racines/tronc/branches :

schéma coupe tronc

La zone de croissance en épaisseur, hyper-vivante car génératrice de nouvelles cellules, se trouve juste sous l’écorce : le cambium. La vie de l’arbre se situe donc juste sous l’écorce !

L' »aubier » permet la circulation de la sève brute et le stock de réserves, le « liber » la circulation de la sève élaborée issue de la transformation photosynthétique au niveau des feuilles. Le « duramen » quant à lui, est mort.

Chaque année c’est un nouvel arbre qui recouvre l’ancien. D’ailleurs pour mieux comprendre le phénomène du recouvrement :

recouvrement plaie (2)

Images trouvées sur internet.

Samuel.

Les angles de coupe

Une branche naît d’un bourgeon sur un axe porteur, puis se développe sans jamais fusionner son bois avec celui de son axe porteur. L’axe porteur recouvre le bois de la branche au fur et à mesure de sa croissance. La branche se retrouve « insérée ». Il y a bien entendu des échanges de fluides entre la branche et son axe porteur, mais celui-ci peut isoler cette dernière si nécessaire, en ne l’alimentant plus et en créant des barrières chimiques.

insertion branche tronc

Il est très important de bien comprendre cela quand il s’agit de supprimer ou tailler des branches, et de réaliser des angles de coupe corrects (respect du col et de la ride de l’écorce).

Col et ride

angle (2)

Il faut impérativement éviter de provoquer un arrachement de la branche le long de l’axe porteur ou de couper la branche trop près du tronc, car en plus de l’amputation d’une branche, on risquerait de permettre à des agents pathogènes (bactéries ->champignons ->insectes lignivores) de s’attaquer au bois de l’axe porteur (le tronc par exemple) et de nuire gravement à la santé de l’arbre à moyen terme…

plan-angle-de-coupe2-main-4381100

Angle de coupe bourrelet recouvrement

Cas de défourchage :

Défourchage defourchage (2)

Images trouvées sur internet.

Samuel.

6 idées reçues sur la taille radicale

Elle rajeunit l’arbre, accroît son espérance de vie

NON Toute taille mal conduite est un acte traumatisant pour l’arbre, une brèche dans son intégrité, la porte ouverte aux maladies et un affaiblissement de son système de défense. La fragilité de l’arbre peut alors être fatale même en cas d’agressions légères (sécheresse, gel, traumatismes racinaires, attaques par des agents pathogènes…).

Elle diminue la prise au vent, limite les risques de rupture

NON Une taille mal conduite entraîne la repousse anarchique d’une population dense de rejets faiblement ancrés sur leur support. Par ailleurs, les processus de dégradation du bois interne par les champignons conduisent à fragiliser la structure globale des branches maîtresses et du tronc. Un arbre en bonne santé ne perd pas facilement ses branches. Mal taillé, il peut devenir dangereux.

Elle est le meilleur moyen de réduire la hauteur d’un arbre

NON Sur de nombreuses essences, les rejets se développant après une taille sévère s’allongent particulièrement rapidement et l’arbre retrouve sa hauteur initiale en très peu de temps.

Elle permet d’avoir moins d’ombre

NON Au contraire, une taille sévère provoque l’émergence de feuilles plus larges portées par des gourmands et des rejets apparaissant de surcroît à une forte densité.

Elle évite la formation de bois mort

NON Les nombreux rejets se développant après une taille radicale ne sont pas tous viables. Après quelques années d’existence, des relations de dominance s’installent entre les rejets et les structures dominées finissent par mourir.

Elle est économique

NON Les collectivités locales commencent à réaliser à quel point les tailles radicales passées leur coûtent cher aujourd’hui. Les dépenses nécessaires à la surveillance des arbres dangereux, aux tailles de restructuration et aux replantations sont exorbitantes.

Information tirée de l’ouvrage « La taille des arbres d’ornement », Christophe Drénou, Institut pour le développement forestier, Paris, 1999, Pages 156 – 158.