Archives pour la catégorie TAILLE ET SOIN DES ARBRES

La croissance de l’Arbre

La croissance de l’arbre se réalise sur deux plans :

1) Allongement des extrémités au niveau des bourgeons axiaux et terminaux :schéma croissance primaire

2) Croissance en épaisseur des racines/tronc/branches :

schéma coupe tronc

La zone de croissance en épaisseur, hyper-vivante car génératrice de nouvelles cellules, se trouve juste sous l’écorce : le cambium. La vie de l’arbre se situe donc juste sous l’écorce !

L' »aubier » permet la circulation de la sève brute et le stock de réserves, le « liber » la circulation de la sève élaborée issue de la transformation photosynthétique au niveau des feuilles. Le « duramen » quant à lui, est mort.

Chaque année c’est un nouvel arbre qui recouvre l’ancien. D’ailleurs pour mieux comprendre le phénomène du recouvrement :

recouvrement plaie (2)

Images trouvées sur internet.

Samuel.

Les angles de coupe

Une branche naît d’un bourgeon sur un axe porteur, puis se développe sans jamais fusionner son bois avec celui de son axe porteur. L’axe porteur recouvre le bois de la branche au fur et à mesure de sa croissance. La branche se retrouve « insérée ». Il y a bien entendu des échanges de fluides entre la branche et son axe porteur, mais celui-ci peut isoler cette dernière si nécessaire, en ne l’alimentant plus et en créant des barrières chimiques.

insertion branche tronc

Il est très important de bien comprendre cela quand il s’agit de supprimer ou tailler des branches, et de réaliser des angles de coupe corrects (respect du col et de la ride de l’écorce).

Col et ride

angle (2)

Il faut impérativement éviter de provoquer un arrachement de la branche le long de l’axe porteur ou de couper la branche trop près du tronc, car en plus de l’amputation d’une branche, on risquerait de permettre à des agents pathogènes (bactéries ->champignons ->insectes lignivores) de s’attaquer au bois de l’axe porteur (le tronc par exemple) et de nuire gravement à la santé de l’arbre à moyen terme…

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Angle de coupe bourrelet recouvrement

Cas de défourchage :

Défourchage defourchage (2)

Images trouvées sur internet.

Samuel.

6 idées reçues sur la taille radicale

Elle rajeunit l’arbre, accroît son espérance de vie

NON Toute taille mal conduite est un acte traumatisant pour l’arbre, une brèche dans son intégrité, la porte ouverte aux maladies et un affaiblissement de son système de défense. La fragilité de l’arbre peut alors être fatale même en cas d’agressions légères (sécheresse, gel, traumatismes racinaires, attaques par des agents pathogènes…).

Elle diminue la prise au vent, limite les risques de rupture

NON Une taille mal conduite entraîne la repousse anarchique d’une population dense de rejets faiblement ancrés sur leur support. Par ailleurs, les processus de dégradation du bois interne par les champignons conduisent à fragiliser la structure globale des branches maîtresses et du tronc. Un arbre en bonne santé ne perd pas facilement ses branches. Mal taillé, il peut devenir dangereux.

Elle est le meilleur moyen de réduire la hauteur d’un arbre

NON Sur de nombreuses essences, les rejets se développant après une taille sévère s’allongent particulièrement rapidement et l’arbre retrouve sa hauteur initiale en très peu de temps.

Elle permet d’avoir moins d’ombre

NON Au contraire, une taille sévère provoque l’émergence de feuilles plus larges portées par des gourmands et des rejets apparaissant de surcroît à une forte densité.

Elle évite la formation de bois mort

NON Les nombreux rejets se développant après une taille radicale ne sont pas tous viables. Après quelques années d’existence, des relations de dominance s’installent entre les rejets et les structures dominées finissent par mourir.

Elle est économique

NON Les collectivités locales commencent à réaliser à quel point les tailles radicales passées leur coûtent cher aujourd’hui. Les dépenses nécessaires à la surveillance des arbres dangereux, aux tailles de restructuration et aux replantations sont exorbitantes.

Information tirée de l’ouvrage « La taille des arbres d’ornement », Christophe Drénou, Institut pour le développement forestier, Paris, 1999, Pages 156 – 158.

Pouvoir se déplacer dans toute la couronne de l’arbre, et utiliser des outils de coupe en toute sécurité.

Se déplacer dans toute la couronne de l’arbre, et utiliser des outils de coupe en toute sécurité, c’est facile à dire, mais cela exige une formation sérieuse (Certificat de Spécialisation Taille et Soin des Arbres).

En effet, pour pouvoir pratiquer la taille raisonnée dans les grands arbres, il faut être au point sur plusieurs éléments importants : la biologie de l’arbre, la reconnaissance de l’arbre, la justification de taille, le grimper et le déplacement dans l’arbre à l’aide de cordes, l’utilisation d’outils de coupe dans l’arbre, la réglementation, la sécurité… Il n’existe aujourd’hui qu’un seul diplôme assurant l’acquisition de tous ces éléments, c’est le CS TSA.

Ensuite, la passion et l’expérience renforcent ces bases.

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La meilleure taille pour un arbre ? Une paix royale !

Effectivement, aucune taille ne fait de bien à un arbre.

S’il semble parfois vigoureux après une taille sévère, c’est que l’arbre se mobilise pour produire rapidement des feuilles (souvent plus grosses) et synthétiser de l’énergie solaire en vue de fructifier au plus vite et ainsi garantir la pérennisation de son espèce…

Elagage ou Taille raisonnée ?

Le terme « élagage » désigne l’action de couper une branche. L’élagage à l’origine, c’est  supprimer les branches basses dans un peuplement forestier d’exploitation de manière à façonner des troncs longilignes et sans nœuds.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas simplement de couper des branches, mais surtout de bien raisonner l’intervention au cas par cas, de manière à ce que l’arbre et l’homme cohabitent harmonieusement, quand il en est encore temps.

Biologie, reconnaissance de l’arbre, choix du type de taille, de l’époque, bon sens…  C’est le principe de la taille raisonnée.

Samuel.