Archives pour la catégorie TAILLE ET SOIN DES ARBRES

Le soin des arbres : « un compromis sans compromission » (Fabrice Salmon, HÊTRE VIVANT).

Le métier d’Arboriste comprend une volonté de prendre des décisions étant « les moins pires pour les arbres » et les plus satisfaisantes pour l’homme… entraînant régulièrement de cocasses réflexions…  Ce qui ne concerne pas les « élagueurs » (élaguer=couper une branche) qui prennent facilement des raccourcis au détriment du développement durable et au profit de leur porte-monnaie…

Cela dit, si on laisse les arbres pousser n’importe où et n’importe comment, il faudra alors réviser la position de l’homme dans la chaîne vivante…

Bref, « aucune taille ne profite à l’arbre » mais une « taille raisonnée » participe au soin que l’homme peut porter à la pérennité de l’arbre, dans la mesure du possible… et quand il s’agit d’abattre, démonter, supprimer, il ne coûte rien de s’interroger sur de nouvelles plantations plus adaptées et mieux maîtrisées…

Samuel.

Les outils de coupe

La taille des arbres nécessite de savoir utiliser en sécurité des outils de coupe tels que les tronçonneuses et la scie d’élagage.

Il y a deux types de tronçonneuses :

  1. La tronçonneuse d’élagage

Ce type de tronçonneuse professionnelle spécialement conçue pour l’Arboriste-Grimpeur-Elagueur possède un rapport poids (3,7 kg)/puissance (2.45 cv, 35cm3) exceptionnel. Son équilibre et sa compacité permettent de la tenir d’une main… mais attention : selon la réglementation de sécurité, uniquement lorsque l’endroit de la coupe ne permet pas de la tenir à deux mains et que les rappels sont à l’opposé de la tronçonneuse.

De plus, encore selon la réglementation, son utilisation est interdite au sol car un emploi systématique d’une main accroît les risques de blessures…

Remarquez la « dragonne » accrochée à l’arrière : elle sert à sécuriser la chute de la tronçonneuse en la reliant au baudrier du grimpeur. Cependant, elle est prévue pour céder au-delà d’un certain poids dans le cas possible d’un coincement dans une lourde pièce de bois en chute.

Tronçonneuse d'élagage

  1. La tronçonneuse d’abattage

Ce type de tronçonneuse est conçue pour l’abattage et le travail au sol. Elle est beaucoup plus puissante et se tient obligatoirement à deux mains.

Dans certains cas, elle peut être utilisée dans l’arbre, par exemple dans le cas d’un démontage progressif de gros fût

Tronçonneuse d'abattage

Ces deux types de tronçonneuses, en y regardant de plus près, possèdent chacune 10 sécurités ! :

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  • La scie d’élagage

Pour tailler les petits diamètres, on utilise communément dans le métier un type de scie à denture japonaise et à coupe tirante. La denture japonaise permet une redoutable efficacité de coupe, ce qui rend la scie d’élagage dangereuse à l’utilisation. La coupe tirante permet de se préserver des tendinites.

Denture japonaise

Cette scie est constamment accrochée au baudrier de travail, grâce à son étui.

Scie d'élagage

Les outils présentés plus haut sont les plus couramment utilisés, mais d’autres outils tels que les sécateurs, la perche-élagueuse, la scie à perche etc… sont également d’usage lorsque nécessaires.

A noter que la désinfection des outils de coupe (alcool à 70%) entre chaque arbre contribue nettement à limiter la propagation de bactéries et champignons responsables de la dégradation du bois…

Samuel.

Les Equipements de Protection Individuelle (E.P.I.)

La pratique du métier d’Arboriste-Grimpeur-Élagueur est soumise à une réglementation stricte concernant les techniques de grimper et d’utilisation d’outils de coupe dans les arbres, ce qui impose l’utilisation d’un ensemble d’éléments matériels obligatoires et normés constituant une chaîne de sécurité permanente lors de l’évolution et lors du travail du grimpeur-élagueur dans l’arbre .

  • Les E.P.I. concernant le grimper et le déplacement dans l’arbre :

Les mousquetons normés servant à grimper doivent impérativement posséder une triple sécurité, c’est-à-dire que 3 mouvements soient nécessaires à leur ouverture.

Mousquetons 3 mouvements

La ceinture d’élagage ou baudrier, doit répondre à la norme spécifique relative à l’utilisation d’un baudrier pour l’élagage, et doit posséder entre autre un point central mobile, deux anneaux latéraux pour une longe de maintien au poste de travail etc…

Baudrier d'élagage

Les rappels de travail imposés et spécialement conçus pour l’activité, possèdent une capacité d’allongement comprise entre 2% et 4%, un diamètre compris entre 11.5mm et 13mm, sont composés de matériaux spécifiques résistants notamment aux u.v. et à l’abrasion et assemblés de manière à ce que âme et gaine représentent respectivement une proportion de 70% et 30%.

Rappel d'élagage

Les cordes à prussiks (pour les nœuds auto-bloquants) autant que les bloqueurs-descendeurs mécaniques doivent également répondre à des normes spécifiques.

Corde à prussik, noeud auto-loquant

Bloqueur descendeur Lockjack

La longe souple de maintien normée pour le grimper et le déplacement dans l’arbre.

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Les ancrages arboricoles normés (fausse-fourche, cambium saver) permettant de faire coulisser le rappel sur un point fixe situé de préférence le plus haut dans l’arbre, sont spécialement conçus pour supporter le poids de l’utilisateur et protéger l’écorce de frottements pouvant blesser inutilement l’arbre.

Ancrages arboricoles, fausses fourches, cambium saver

Le casque normé est obligatoire lors du déplacement dans les arbres, et doit posséder une jugulaire 3 points

Casque d'élagage

  • E.P.I. concernant l’utilisation d’outils de coupe :

Le casque normé pour les travaux d’élagage doit en plus de sa jugulaire 3 points, être associé à des protections auditives et oculaires.

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Le port de manchettes anti-coupure est très vivement recommandé, dans la mesure où elles limitent grandement l’éventualité de se trancher une artère de l’avant-bras…

Manchette anti-coupure

Le pantalon anti-coupure est obligatoire et normé. Il est constitué d’un tressage de fils nylon capables de bloquer instantanément l’entraînement de la chaîne de tronçonneuse, et ainsi protéger les artères situées au niveau des jambes.

Pantalon anti-coupure

Pantalon anti-coupure

Les chaussures anti-coupures sont également obligatoires et normées.

Chaussures anti-coupure

La longe de maintien normée pour le démontage sur fût doit être constituée d’une âme en métal.

Longe acier

J’espère avoir été suffisamment clair dans ma présentation du matériel nécessaire et obligatoire à la pratique du métier.

Je précise que les éléments de la chaîne des E.P.I. obligatoires au grimper et au déplacement dans les arbres ont une résistance équivalente minimale de 22Kn soit 2T200.

Samuel.

Un vieux Hêtre

Imaginez un vieux hêtre de 100 ans d’âge, de près de 20 m de haut avec une couronne de 12 m de diamètre.

Il possède 600 000 feuilles qui développent 1 200 m² de surface.

À cause de la structure physique de ces feuilles, la surface totale d’échange avec l’air est en fait de 15 000 m², ce qui équivaut à la surface de deux grands terrains de football !

Par une belle journée d’été, cet arbre transforme 9 400 litres, c’est-à-dire 18 kg de dioxyde de carbone.

Avec une concentration de 0,03 % de dioxyde de carbone dans l’air, près de 36 000 m3 d’air doivent passer à travers les feuilles.

Ces dernières filtrent également de nombreuses particules en suspension comme des bactéries, des spores de champignons, de la poussière et d’autres substances nocives.

Dans le même temps, l’arbre évapore presque 400 litres d’eau par jour et ainsi humidifie l’air.

Plus encore, par la photosynthèse, il produit 13 kg d’oxygène, ce qui équivaut aux besoins de dix personnes.

De plus, cet arbre produit 12 kg de sucre en une seule journée à partir desquels il fabrique toutes ses substances organiques. Certaines de celles-ci sont stockées comme l’amidon et d’autres utilisées pour fabriquer du nouveau bois.

Si cet arbre est abattu, parce qu’il doit laisser la place à une nouvelle route ou parce que quelqu’un s’est plaint de son ombre ou simplement parce que l’on a besoin de cet espace pour un nouvel édifice, il faudra à nouveau planter 2 000 arbres d’un volume de 1 m² chacun pour compenser entièrement la disparition du vieil arbre.

Ceci coûtera à la société, à peu près 150 000 Euros.